Archives Ouest France, 14 juin 2012

La fédération de cancérologie du CHU de Nantes milite pour la multiplication d'activités « douces ».

Elles jouent un rôle dans la guérison des malades.
« Le shiatsu permet aux malades de lâcher prise, de prendre du recul par rapport à la maladie.

Il permet aussi de se réapproprier son corps meurtri », explique Béatrice Fabry, kinésithérapeute

à l'hôpital Saint-Jacques, formée à cette technique de massage japonaise.

Le shiatsu est l'une des activités proposées aux patients suivis pour un cancer au CHU de Nantes

(20 % des patients, 4 300 personnes en 2011). Au même titre que le maquillage thérapeutique, le yoga,

l'atelier du goût, il permet aux malades de se sentir mieux. Des séances de réflexologie plantaire

vont bientôt se mettre en place. Ses soins annexes, qui peuvent encore apparaître comme des détails

pour certains au regard des traitements de fond, sont nécessaires.

Le professeur Brigitte Dréno, présidente de la fédération de cancérologie du CHU de Nantes (qui

coordonne les besoins dans les différents services de l'hôpital), en est convaincue. « En cancérologie,

il y a peu de réticences à offrir ces soins complémentaires. Nous sommes hypersensibilisés à

la prise en charge de la douleur, souligne la dermatologue. Je crois à la psycho-immunologie, au lien entre le système nerveux et le système immunitaire. On sait que le stress bloque les défenses. Des activités de ce type aident le malade à se détendre. Des évaluations régulières nous le prouvent. J'ai souhaité qu'on puisse les étendre au sein du CHU. »

Elles se pratiquent « dans la chambre du patient ou dans une salle ». La fédération de cancérologie a cherché de l'aide auprès de la fondation Apicil contre la douleur qui soutient son programme à hauteur de 15 000 €. « Il faut que ces méthodes se vulgarisent. Cela devrait devenir une prise en charge obligatoire », note Nathalie Aulnette, directrice de la fondation.

Ne reste plus désormais qu'un engagement politique pour que le plus grand nombre de malades puissent y avoir accès. « Je n'imagine pas qu'on puisse revenir en arrière », lâche Brigitte Dréno.

 

 

 

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